Un article sur l’expo au FIT de New York sur Madame Grès m’a permis de me replonger dans ses designs extraordinaires. Je vous invite à voir le site du musée, les photos sont très bien faites. Le nom de Grès est presque tombé en désuètude (par rapport à d’autres créateurs de l’époque comme Lanvin qui sont revenus sur le devant de la scène) et c’est bien dommage.

Rendons hommage à cette créatrice qui avait su s’inspirer des drapés antiques et leur donner une vitalité et une modernité qui ferait pâlir nos créateurs japonais les plus fous. Grès a aussi destructuré la garde robe féminine et bien souvent aboli la taille de guèpe alors qu’elle faisait un retour fracassant à l’époque.
Entre deux fashion week, pourquoi ne pas se ressourcer au Musée Galliera ou au Musée de la Mode et du Textile?
(via Style Bubble)
S’il y a une autre amoureuse du rétro, c’est bien la Princesse au Petit Pied (qui en a deux, de pieds), créatrice de bijoux basée en Belgique.


Cela fait un moment que je voulais en parler, et son entrée de ce soir m’a décidée, parce que j’adore ses toutes dernières créations et parce que je me retrouve dans ses propos. Elle aussi aime mélanger, faire des expérience avec de nouveaux produits, de nouvelles matières, des couleurs inédites. Enfin, elle parle de “pigments en suspensions”, quoi!! Je pense qu’un périple au BHV s’impose à ton prochain passage sur Paris, madame la Princesse!
Séance beauté hier avec Elias et Emilie la fabuleuse. Voici un petit extra, tout chaud sorti du four :

Les éditos de Lagerfeld sont souvent d’une sobriété exemplaire, jouant sur des lignes graphiques et une atmosphère plutôt sombre.
Ce mois-ci dans l’édition américaine de Harper’s Bazaar, il nous gratifie d’un édito suprenant, mettant en scène Doutzen Kroes. Couleurs acidulées, fleurs, meringues et plumes, wahou! Il a pris quoi, Karl?

Fashion Editor: Amanda Harlech
L’édito complet dans le Harper’ Bazaar US d’avril.
(via fakingfashion)
A force de maquiller les autres, il faut bien admettre que me maquiller moi-même ne me passionne plus. Je crois dur comme fer que “less is more”, et, au jour le jour, s’il est important pour moi d’avoir une mine soignée, je fais le minimum. Pour travailler, en particulier, pour moi c’est juste fond de teint, blush, mascara, voile de poudre et baume à lèvres. Mais je n’ai pas toujours été comme ça!
Je me souviens quand j’ai découvert les joies du maquillage, en classe de seconde, je crois bien. Je ne saurais vous dire pourquoi, mais à cette époque, parmi les jeunes filles en fleur, une tendance faisait rage: le contour des lèvres foncé! Plus foncé que le rouge à lèvres, bien sûr. Hmmmm… Décidée innocemment à émuler mes camarades, mon premier achat de maquillage fut un crayon contour des lèvres violine et un rouge à lèvres Gemey parme irisé. Le choix des couleurs était hardi. L’écart entre les deux, encore plus. J’ai envie de me cacher rien qu’en y repensant!
Ensuite, j’achetai un beau crayon khol noir que j’entrepris joyeusement d’utiliser pour un oeil de biche bien net. Evidemment, il restait net environ 20 secondes. Quelle ne fut pas ma stupeur lorsque je découvris des années plus tard sur les yeux une demoiselle des lignes fabuleusement nettes, fines et précises. Dessinatrice invetérée, notamment à l’encre de chine, j’associai cette finesse de trait à mes Rotrings adorés. J’appris évidemment qu’il s’agissait d’”eye liner”. Quelle épiphanie!
Je n’ai pas été épargnée par l’acné juvénile non plus. Et comme beaucoup de femmes (et d’hommes, oui oui, ça ne sert à rien de faire les innocents!) j’ai passé des années à utiliser de l’anticerne pour camoufler cette disgrâce. Avant de lire dans un magazine féminin quelconque qu’il existait des produits camouflants spécifiques et de me rendre compte que les particules réflechissantes de l’anticerne font effet “phare dans la brume” sur les boutons au lieu de les cacher.

S’il y a une erreur que je n’ai jamais commise, c’est le fait de porter un fond de teint trois teintes au dessus de la mienne pour avoir l’air bronzée. Mais c’est sans doute seulement parce que j’ai eu ma phase goth, qui m’a épargné de ressembler à un Oompa Loompa (mais j’ai fait bien bieeeen pire pour avoir une tête de gothique!) C’est à cette glorieuse époque que j’ai révisé ma façon de me maquiller les lèvres et j’avoue qu’un beau rouge à lèvres carmin est un plaisir que je m’offre encore souvent, même en journée (j’ai toujours le Hydrabase de Chanel couleur “lune rousse” dans mon sac!).
Il parait que la bouche rouge le jour est un “major faux-pas” aux Etats Unis. C’est un maquillage du soir, voyons! Ces règles arbitraires de bienséance concernant le maquillage m’étonnent toujours. Pour moi, le maquillage est avant tout une façon de se faire plaisir, de se sentir bien et de s’amuser. Si on se sent bien avec un look que d’autres considèrent “raté”, tant mieux! Et qu’importent les règles!
On dit qu’il faut choisir de mettre en valeur soit les yeux soit la bouche. Mais pourquoi pas les deux? C’est sans doute une règle de sûreté pour ne pas avoir l’air “trop” maquillée. Mais elle n’est pas vraie dans tous les cas. Chaque visage est différent. Chaque circonstance est différente. En photo, j’avoue que j’aime énormément un visage et des yeux très purs, presque nus, et une bouche très forte. Mais dans la vie de tous les jours, pourquoi se prendre la tête? Le maquillage est fait pour s’amuser!
Et vous, quelles “erreurs” de maquillage regrettez vous?
J’ai pu constater qu’un certain nombre de jeunes maquilleurs et de personnes envisageant cette carrière lisent ce blog. Se lancer en tant que maquilleur est une grande aventure. C’est excitant, tout l’aspect créatif, mais on oublie souvent qu’un maquilleur passe la moitié de son temps à maquiller, et l’autre moitié à créer son réseau (cf mon post intitulé “blogs indépendants” avec plein de liens très bien) et à s’occuper de tâches administratives.
De plus, un maquilleur débutant dans la photo ne doit pas s’attendre à gagner des milles et des cents à son lancement. J’en ai déjà parlé, j’insiste encore: avant de s’attendre à gagner de l’argent, il faut se construire un book et un réseau. Cela peut prendre beaucoup, beaucoup, de temps et d’énergie. Et même en y mettant la meilleure volonté du monde, peu parviendront à gagner leur vie en tant que maquilleur. Sur le millier de maquilleurs qui sortent des écoles chaque année, une dizaine perceront dans le métier.
Le pactole n’arrive pas du jour au lendemain (s’il arrive jamais). Donc, il faut être très très motivé pour arriver à gérer une entreprise tout seul avec des rentrées d’argent maigres au départ. Et quand on commence à gagner sa vie, la paperasse est devenue depuis longtemps une habitude. Read the rest of this entry…
Ce matin je n’ai pas volé ma grasse matinée, après le shooting qui m’a amenée jusqu’à plus de 3h cette nuit.
J’avais été contactée par une styliste italienne pour participer à un éditorial à paraître au printemps. Comme de rigueur, Esmeralda Patisso et moi-même avons échangé de nombreux mails pour nous mettre d’accord sur le makeup en fonction de la direction du projet.
J’ai eu la chance de pouvoir leur suggérer Anna Marchenko de l’agence Mademoiselle pour la série. Nous avions travaillé ensemble sur un shooting récemment (dont je vous reparlerai sûrement!) et j’avais été conquise. Enjouée, pas prise de tête pour un sou, et avec une présence forte sur les photos, Anna est un mannequin idéal.


Le stylisme était superbe. Esmeralda et Chiara Tubia avaient concocté un mélange très moderne et subtil, mais, chut! je ne peux pas trop en dire! Il faut attendre la sortie en kiosques.
La pauvre Anna était malade comme un chien hier, mais elle s’est donnée à fond, malgré les antibiotiques, dans le froid et le vent. Elle a gardé sa bonne humeur en toutes circonstances. (Hier, je lui ai maquillé les tétons et fait du thé au miel, c’est un drôle de métier que le mien!)
Mannequin, c’est un métier de rêve… pour ceux qui ne savent pas ce que c’est! Il y a très peu de “supermodels” qui ne se lèvent pas pour moins de 10000$ par jour. Pour les mannequins ordinaires, courir de casting en casting, c’est épuisant, et tant que l’on n’est pas pris, cela ne rapporte pas un centime. Les campagnes de pub d’été sont souvent shootées en hiver, et de moins en moins sur des îles tropicales.
L’envers du décor, c’est que la mannequin qui se ballade dans les rues en manteau de fourrure et petite culotte dans les pages de Numéro, elle l’a probablement fait par -5°, avec un troupeau de badauds sortis du bar voisin en train de commenter. Elle devait sans doute aussi porter des chaussures avec 10 cm de talons, 3 pointures au dessus de la sienne et essayer de ne pas se casser la cheville en ayant l’air fière et forte devant l’appareil photo.
Non, non, je n’essaie pas de vous faire pleurer sur le sort de ces jeunes filles (et garçons), que personne n’a obligés. Simplement, la réalité est assez loin de ce qu’on imagine. L’autre jour ma gardienne était exaspérée au plus haut point après une mannequin qui avait rendez-vous chez moi et qui était en panique pour rentrer dans l’immeuble parce que son booker ne lui avait pas donné le code d’entrée. C’est difficile parfois de faire comprendre que cette (trop?) jolie fille de 1m80, qui ne parle pas français, n’a que 15 ans.
Il existe un mythe du mannequin, je crois, très fantaisiste et loin de la réalité. Le mannequin, pour certain, serait une fille très belle mais un peu idiote (ben oui, elle ne vont quand même pas être belles ET intelligentes!) qui ne fait que se trémousser devant un appareil photo ou un podium en tirant une tronche de 10 pieds de long. Evidemment, comme j’aime mettre partout mon grain de sel, je vais vous parler de mes expériences perso.
Peu de mannequins que je connais ont cherché activement à faire ce métier. Beaucoup ont été repérées par des agents, dans la rue, le métro, un bar, sur leur lieu de travail… Beaucoup font des études supérieures, le mannequinat étant une opportunité comme une autre de gagner un peu d’argent, et parfois de partir vivre à l’étranger. Elles ont la chance d’être grandes et de correspondre aux critères physiques qui leur permettent de faire mannequin plutôt que de bosser au McDo, mais la plupart s’accrochent à leurs études car elles sont conscientes que le mannequinnat est une voie très éphémère. A 26 ans, on est un vieux mannequin. Recyclage avant la trentaine, sauf pour de très rares exceptions.

Ce n’est pas un rouleau de printemps mais Anna dans sa couette.
J’étais sur un autre shooting dans la rue quand une dame pleine de distinction lança avec mépris en regardant le mannequin: “pfft! elle n’est même pas belle!” (No, it wasn’t about you, Anna.) Je commencerai par saluer à nouveau la classe d’un tel commentaire. Pour une fois que la modèle parlait français, en plus! (Heureusement elle n’a pas entendu.) Et rien n’est plus subjectif que la Beauté ; ce qui est beau pour l’un, peut apparaître fade ou laid à l’autre.
Certes, dans les années 80-début 90, l’ère des “supermodels”, on recherchait des modèles d’une certaine forme de beauté. Les mannequins étaient globalement athlétiques, affichant une image de bonne santé physique, et leur visage avait des traits harmonieux. Aujourd’hui, les critères ont changé. Je crois que ce qu’on demande aujourd’hui à une mannequin ça n’est pas forcément d’être belle, dans le sens “supermodel” du terme. On recherche de plus en plus des “gueules”, des visages avec une étrangeté qui les rend mémorables. Sasha Pivovarova (numéro 2 sur models.com) est entre autres connue pour son allure inquiétante, parfois zombie-esque. Lara Stone a ses dents. Freja Beha (que j’adore!) a un visage très androgyne, presque “dur” parfois. Evidemment, il existe plein de contre-exemples ; ça n’est pas une vérité générale mais une tendance parmi les mannequins.
Par ailleurs, il existe plein de “belles” femmes, qui ont entendu mille fois “oh, tu pourrais être mannequin !”, mais qui n’ont rien d’un mannequin. Ce qui distingue les mannequins (en plus de critères physiques très stricts, évidemment), c’est, je crois, une qualité difficile à mettre en mots, qu’on pourrait appeler la photogénie. Quand on voit un mannequin au naturel, souvent, elle ne paie pas de mine. Et en photo, c’est le feu d’artifice.
Quant à l’affirmation: être mannequin c’est seulement faire la belle devant l’appareil photo, ça a l’air facile dit comme ça, mais un bon mannequin doit avoir une parfaite connaissance et maîtrise de son corps. Elle ne peut pas juste se poser là, même si c’est de ça que ça a l’air au final, sur la photo. Pour “rendre bien”, un mannequin doit avoir conscience de chaque muscle de son corps. Prenez la photo d’un bras : si les muscles du bras sont tendus, cela va donner beaucoup de force à la photo, même si l’oeil du lecteur ne percevra pas ce détail. Etre mannequin, c’est crevant, surtout quand les shootings durent 10 heures avec seulement 10 minutes de pause sandwich.
Bon, sinon, ok, je l’admets : les mannequins font la tronche sur les photos. Souvent. Le mannequin qui rit n’a pas trop la cote dans les magazines de mode. C’est une question de tendance, ça changera. Peut-être…
Ah, et je vous incite vivement à vous rendre à l’exposition (encore deux jours!) de la photographe (adorable) avec laquelle j’ai travaillé sur l’édito hier. Elle s’appelle Nadia Moro et elle expose, à l’Institut Marangoni dans le 16ème, des photos de mode sub-aquatique à couper le souffle!
