A force de maquiller les autres, il faut bien admettre que me maquiller moi-même ne me passionne plus. Je crois dur comme fer que “less is more”, et, au jour le jour, s’il est important pour moi d’avoir une mine soignée, je fais le minimum. Pour travailler, en particulier, pour moi c’est juste fond de teint, blush, mascara, voile de poudre et baume à lèvres. Mais je n’ai pas toujours été comme ça!
Je me souviens quand j’ai découvert les joies du maquillage, en classe de seconde, je crois bien. Je ne saurais vous dire pourquoi, mais à cette époque, parmi les jeunes filles en fleur, une tendance faisait rage: le contour des lèvres foncé! Plus foncé que le rouge à lèvres, bien sûr. Hmmmm… Décidée innocemment à émuler mes camarades, mon premier achat de maquillage fut un crayon contour des lèvres violine et un rouge à lèvres Gemey parme irisé. Le choix des couleurs était hardi. L’écart entre les deux, encore plus. J’ai envie de me cacher rien qu’en y repensant!
Ensuite, j’achetai un beau crayon khol noir que j’entrepris joyeusement d’utiliser pour un oeil de biche bien net. Evidemment, il restait net environ 20 secondes. Quelle ne fut pas ma stupeur lorsque je découvris des années plus tard sur les yeux une demoiselle des lignes fabuleusement nettes, fines et précises. Dessinatrice invetérée, notamment à l’encre de chine, j’associai cette finesse de trait à mes Rotrings adorés. J’appris évidemment qu’il s’agissait d’”eye liner”. Quelle épiphanie!
Je n’ai pas été épargnée par l’acné juvénile non plus. Et comme beaucoup de femmes (et d’hommes, oui oui, ça ne sert à rien de faire les innocents!) j’ai passé des années à utiliser de l’anticerne pour camoufler cette disgrâce. Avant de lire dans un magazine féminin quelconque qu’il existait des produits camouflants spécifiques et de me rendre compte que les particules réflechissantes de l’anticerne font effet “phare dans la brume” sur les boutons au lieu de les cacher.

S’il y a une erreur que je n’ai jamais commise, c’est le fait de porter un fond de teint trois teintes au dessus de la mienne pour avoir l’air bronzée. Mais c’est sans doute seulement parce que j’ai eu ma phase goth, qui m’a épargné de ressembler à un Oompa Loompa (mais j’ai fait bien bieeeen pire pour avoir une tête de gothique!) C’est à cette glorieuse époque que j’ai révisé ma façon de me maquiller les lèvres et j’avoue qu’un beau rouge à lèvres carmin est un plaisir que je m’offre encore souvent, même en journée (j’ai toujours le Hydrabase de Chanel couleur “lune rousse” dans mon sac!).
Il parait que la bouche rouge le jour est un “major faux-pas” aux Etats Unis. C’est un maquillage du soir, voyons! Ces règles arbitraires de bienséance concernant le maquillage m’étonnent toujours. Pour moi, le maquillage est avant tout une façon de se faire plaisir, de se sentir bien et de s’amuser. Si on se sent bien avec un look que d’autres considèrent “raté”, tant mieux! Et qu’importent les règles!
On dit qu’il faut choisir de mettre en valeur soit les yeux soit la bouche. Mais pourquoi pas les deux? C’est sans doute une règle de sûreté pour ne pas avoir l’air “trop” maquillée. Mais elle n’est pas vraie dans tous les cas. Chaque visage est différent. Chaque circonstance est différente. En photo, j’avoue que j’aime énormément un visage et des yeux très purs, presque nus, et une bouche très forte. Mais dans la vie de tous les jours, pourquoi se prendre la tête? Le maquillage est fait pour s’amuser!
Et vous, quelles “erreurs” de maquillage regrettez vous?
